Escal’Atlantic fête ses vingt ans 

Dans le grand salon, les collections du paquebot Normandie (1935) mises en scène.

Ouvert en 2000, Escal’Atlantic raconte l’aventure des paquebots de ligne, ces grands navires à passagers aujourd’hui disparus dont la seule évocation fait rêver : Ile-de-France (1927), Normandie (1935), Liberté (1951), France (1962)… Vingt ans plus tard Escal’Atlantic, lieu de visite unique en Europe, est devenu incontournable.

 

En 1862, hommes d’affaires et commerçants, militaires ou religieux se pressent sur le quai du bassin portuaire pour embarquer à bord du paquebot à vapeur La Louisiane à destination des Antilles et du Mexique. Ce navire inaugure la première ligne régulière de la Compagnie générale transatlantique (CGT). La même année, la CGT crée le premier chantier de construction navale sur le site de Penhoët en bordure d’estuaire. Tête de ligne et site de construction : deux facteurs déterminants pour Saint-Nazaire. 

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les quais transatlantiques du port deviennent des fondations de la base sous-marine. C’en est fini des paquebots à passagers… 

Le 23 avril 2000, le lieu voit venir d’autres passagers qui quittent le quai, gravissent une passerelle et embarquent dans un voyage immobile spectaculaire où l’histoire et la légende des paquebots les emportent. Les premiers visiteurs découvrent 3 500 mètres carrés de décors scénographiés entre musée et cinéma, la magie opère en une heure trente de visite. Escal’Atlantic est né. 

Retour aux origines d’un projet hors du commun 

Au début des années 1990, la Ville de Saint-Nazaire donne une impulsion forte : la cité doit se réinventer et le tourisme culturel en est un des leviers. La municipalité, sous le mandat du  maire Joël Batteux, décide la création d’un projet «ni parc à thème, ni simple musée» constitué d’équipements de visite complémentaires : visites des chantiers et du port, musée de la construction navale au sein de l’Écomusée et musée des paquebots. 

En 1995, le pari très audacieux est d’installer ce musée d’un nouveau type dans la base sous-marine au cœur d’une réappropriation urbaine nommée «Ville-port». Ce futur «navire amiral» d’un tourisme industrialo-portuaire encore peu développé en France devra allier la dimension culturelle, la rigueur scientifique et l’attractivité. En parallèle, l’Écomusée débute la constitution d’une collection publique du patrimoine des paquebots. 

Bientôt un concours est lancé. 21 équipes d’architectes et scénographes y répondent. Celle conduite par François Confino, l’inventeur des «expositions-spectacles», associé à l’architecte et scénographe François Seigneur, est choisie. Nous sommes en 1997.

Un an et demi plus tard le chantier débute. Deux alvéoles sont investies, l’une accueille le labyrinthe de la «ville flottante» sur trois niveaux, des cabines aux salons, des machines à la timonerie, l’autre suggère l’immensité de l’océan qui s’impose aux voyageurs.

Ainsi Escal’Atlantic devient le «paquebot de tous les paquebots», suggérant différentes époques de la fin du 19e siècle aux années 1960 et différents espaces emblématiques de la vie à bord. 

 

Objets authentiques, témoins des géants des mers 

Au fil du temps, de 1992 aux années 2000, l’Écomusée, très fortement soutenu par la Ville de Saint-Nazaire, aidé par l’État et la Région des Pays de la Loire pour ses acquisitions, enrichit les collections du patrimoine des paquebots grâce à des dons et des achats. Un dépôt du musée des Arts décoratifs (Paris) de plus de 800 pièces provenant du paquebot Normandie complète les collections. Mobiliers, éléments de décors, arts de la table, documents de passagers et de compagnies, objets dérivés, photographies, maquettes et portraits, plans témoignent de l’histoire de ces navires construits à Saint-Nazaire ou ayant navigué sur la ligne de la CGT. 

Les collections grandissent mais, l’Écomusée ne disposant pas de salle d’exposition temporaire, elles sont très rarement présentées au public. La municipalité décide alors qu’Escal’Atlantic accueillera ces objets uniques. 

En 2013, après neuf mois de travaux, le public redécouvre Escal’Atlantic doté d’un nouveau récit, dans la scénographie d’origine conservée où plus de 200 objets authentiques trouvent place. Pour la première fois au monde dans un musée, une partie des parois murales en verre de la grande salle à manger 1re classe de Normandie (1935) est remontée et traduit la splendeur du décor d’origine. 

Le décor de laque du salon de musique Debussy, sauvé de la destruction du paquebot France (1962), est restauré et révèle ses ors chatoyants. Le lustre suspendu au-dessus du bar d’Escal’Atlantic éclairait le fumoir de ce paquebot. Et tant d’autres de ces trésors des grands paquebots français sont mis en valeur. 

Décor en laque du salon de musique Debussy du paquebot France (1962), de l’artiste Pierre Bobot

20 ans fêtés à l’automne

  • Agrandi de 200 m2, Escal’Atlantic poursuit sa vie de musée atypique, entre immersion, collections exceptionnelles et approche ludique des contenus. Vingt ans après son ouverture, il séduit 80 000 visiteurs par an. Pour souhaiter un bon anniversaire à Escal’Atlantic, Saint-Nazaire Agglomération Tourisme vous donne rendez-vous à partir de début octobre : spectacles, visites, ateliers, conférences à partager. I
  • Infos sur www.saint-nazaire-musees.com

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